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Méthanisation : « un système vertueux »

À l’occasion du bureau de la Chambre d’agriculture, les élus ont visité l'Unité de méthanisation du Gaec De Roover, vendredi dernier.

C’est à Limoise que ce sont donnés rendez-vous les élus de la Chambre d’agriculture, vendredi dernier. Un bureau décentralisé pour être toujours plus près du terrain et mettre en avant des agriculteurs bourbonnais innovants. Preuve en est, ils ont découvert ou redécouvert l’exploitation du Gaec De Roover, en privilégiant la visite de l’unité de méthanisation ; exemple de modernité et d’adaptation dans le département.
Le Gaec De Roover, aujourd’hui, c’est trois frères, Loïc, Pascal et Marc, et cinq salariés. De véritables passionnés qui ont à cœur d’aller toujours de l’avant. C’est également quatre ateliers interdépendants : 550 ha de cultures et de prairies (110 ha d’orge, 210 ha de blé, 130 ha de maïs, 65 ha de colza et 35 ha de prairies), 120 vaches laitières Prim’Hosltein qui produisent 1200 tonnes de lait par an, 600 truies et une unité de méthanisation. Un système vertueux, en somme, réfléchit et développé par les trois frères afin «  d’être totalement autonome à terme. » 

« La terre nourrit les animaux. Les animaux nourrissent la terre »

En 2013, les trois frères font le choix de réaliser une unité individuelle de méthanisation à la ferme de 150 kw pour une production de 1200 mw par an. Ce projet, financé par l’Ademe et la région Auvergne, sort de terre en décembre 2014. 
Concrètement, comment cette unité fonctionne-t-elle ? Les déjections des vaches laitières et des porcs sont mélangés à l’ensilage de sorgho et aux résidus de céréales ; le tout est incorporé dans des cuves étanches appelées digesteur et post disgesteur. Cette matière organique est ensuite dégradée partiellement par des bactéries dans la cuve de maturation ; ce processus appelé digestion permet la production du biogaz et du digestat. Le biogaz sera alors valorisé en électricité revendue à EDF et la chaleur émise par le moteur de cogénération chauffera l’atelier porc, l’eau de la salle de traite, le bureau du Gaec et la maison d’habitation. Le digestat, excellent engrais naturel, sera épandu quant à lui sur les terres agricoles du Gaec et voisines. On parle ainsi d’économie circulaire, comme le résume Marc De Roover «  La terre nourrit les animaux. Les animaux nourrissent la terre ». Un retour sur investissement prévu dans neuf ans et la boucle sera complètement bouclée. 

Des agriculteurs organisés et innovants

Chez les De Roover, chacun sa spécialité. Marc gère l’atelier méthanisation et la partie alimentation ; les aliments sont fabriqués à la ferme. Loïc se consacre aux vaches laitières et Pascal à l’atelier porcs naisseurs-engraisseurs. « Etre plusieurs, c’est une force », commente Marc De Roover. Sans leurs précieux associés et leur capacité à se remplacer, leur système n’aurait pas été le même.
Un système qui a permis de mettre en place une salle de traite rotative et d’acquérir un robot d’alimentation en fonctionnement depuis un an. « Avec ce robot, nous pouvons réaliser 25 mélanges différents, en incorporant de l’herbe, du méteil et de l’ensilage de maïs. » Un gain de temps qui n’est plus à démontrer. 
Pour les frères De Roover, « il faut constamment s’adapter ». S’adapter aux consommateurs dont les attentes ont évolué ; le Gaec est notamment engagé dans la filière Préférence Herta. S’adapter au voisinage « qui peut être incommodé par les odeurs ». Et cela, passe par la communication et la mise en place d’un système prenant en compte les impacts environnementaux.

Actualité agricole et départementale

En amont de cette visite, les élus se sont réunis en bureau, le matin, à la MFR de Limoise, afin d’aborder l’actualité agricole et départementale. 

Chasse :
Les élus sont inquiets quant au déclassement du sanglier en nuisible demandé par la Fédération départementale des chasseurs : « L’activité économique ne doit pas passer derrière l’activité de loisir. Les troupeaux de sangliers ne cessent d’augmenter et rien ne se passe malgré nos alertes.» L’inquiétude est d’autant plus grande que la période des semis a débuté. Les élus ont demandé à l’administration, représentée par Fabrice Paya, directeur adjoint de la DDT, qu’une battue ait lieu rapidement.

Naissances de bovins : Les élus sont revenus sur la répartition des naissances de bovins entre 2016-2017 et 2017-2018. Ils ont exprimé leur inquiétude sur la fin de la campagne et sur une relative perte économique départementale : « il manque environ 14 000 veaux au 1er avril, par rapport à l’année dernière. »

PAC : Contrairement aux années précédentes, « la campagne PAC a bien démarré. Tous les dossiers PAC étaient ouverts au 1er avril. » Par rapport à l’année dernière, « on serait même en avance, a indiqué Fabrice Paya. Nous comptons 1240 dossiers au 19 avril, contre 740 l’année dernière. Pour les aides bovines, 1700 dossiers ont été signés sur les 2500 attendus. »

Sécheresse 2016 : Les dossiers sont en cours d’instruction, avec un acompte de 30 % prévu dans l’été et le solde à l’automne. Comme l’a signalé, Fabrice Paya, « sur les 665 dossiers déposés, 544 dossiers seraient indemnisables pour une enveloppe de 3 560 000 euros. »